Il a 34 ans, mesure 1, 72 m et pèse 92 kilos. Militaire et ancien pousseur de haut niveau en bobsleigh, Alexandre Jolivet est depuis le 22 juin, l’homme le plus en forme de l’année. À l’issue des 7 épreuves des French Throwdown, l’équivalent des championnats de France de CrossFit, cet athlète de haut niveau a pris le meilleur sur les 60 concurrents masculins et gagné son ticket d’entrée au Reebok CrossFit One, le temple du CrossFit à Boston. Pour Men’s Health.fr, il dévoile les secrets de sa préparation.

– Qu’est-ce que ça fait d’être l’homme le plus « fit » de France ?
Disons que j’ai gagné une belle compétition de CrossFit, car je me suis bien préparé. Je ne me vois pas vraiment comme un champion. J’ai essayé de camoufler mes faiblesses tout le week-end : le WOD très cardio de dimanche matin (natation, running, rameur…) ne m’a pas été très favorable, mais j’ai su compenser avec mon point fort, la force. Dès qu’il faut soulever du poids, je suis dans mon élément. Il faut dire que je suis ancien joueur de rubgy (à Albi, en pro D2, ndlr) et que j’ai été l’un des meilleurs pousseurs français en bobsleigh. Musclé, compact et explosif en vitesse, mes qualités physiques ont su s’exprimer grâce au CrossFit.

– Depuis quand pratiques-tu le CrossFit ?
Depuis un peu moins de deux ans, j’ai découvert le CrossFit dans une box à New-York. La révélation ! À l’époque, je sortais d’une période de complications physiques suite à une mauvaise chute. Compétiteur dans l’âme, j’ai tout de suite accroché. Avec le CrossFit, je retrouve l’adrénaline des grands rendez-vous. Avant les épreuves, je suis timide, dans mon coin, la boule au ventre. Une fois que les premiers mouvements s’enchaînent, je redeviens une machine ! Cela dit, en bobsleigh, tu fais de l’haltérophilie, de la musculation, de la vitesse, de la pliométrie pour pousser vite et fort. On s’entraîne 22 heures par semaines pour une action réelle de 5 secondes. Dans une compétition de CrossFit, il faut pouvoir tenir deux jours et gérer  l’effort, la nutrition et la récupération. Par exemple, entre deux épreuves, j’ai dormi deux fois deux heures !

– Justement, est-ce que tu suis les règles de l’alimentation paléo, très liée au CrossFit ?
J’ai un diplôme d’État en diététique, donc je sais exactement ce que je dois consommer. Même si le paléo ne manque pas d’atouts (une nourriture propre, non transformée, bonne à la santé), cette alimentation n’est pas toujours idéale pour réaliser une performance. J’adapte ma diète en fonction des journées. Pour une séance de force le lendemain, je consomme des hydrates de carbone (glucides, céréales… ) en bonnes quantités. Si je fais de l’endurance ou des séances de metcons (des exercices au poids de corps), je veille à mon apport en fibres et en protéines (poissons, viandes) afin de garder du jus tout en restant léger pour pouvoir bouger vite et bien.

– Quel est ton rythme d’entraînement hebdomadaire ?
Dix fois. 2 fois sur 5 jours, en essayant de faire un break sur la semaine. Aucune semaine ne ressemble à une autre. Je compose donc selon mon état de forme. Dès que j’ai un moment, je file à la box CrossFit Addict à Paris, même si j’ai tout ce qu’il faut à l’armée pour m’entraîner. Je fais de moins en moins de force, car je suis très compétitif en soulevé de terre, en back squat et front squat. Même en les travaillant peu, je reste au dessus de 250 kilos en deadlift, souvent au dessus de 200 kilos en squat. Maintenant, je me concentre plutôt sur mes faiblesses comme l’endurance.

Crossfit French Throwdown 2014

 

– Que dirais-tu aux lecteurs de Men’s Health.fr pour les convaincre de s’y mettre ?
Le CrossFit est parfois victime de son succès. Il génère beaucoup de préjugés : « très traumatisant », « ce n’est pas pour tout le monde ». En tant que préparateur physique, je suis convaincu que ce sport peut s’intégrer à toutes les disciplines (natation, volley, rugby, running…). Si l’on veut avoir une silhouette harmonieuse, un cœur qui fonctionne bien et des muscles utiles, le CrossFit me paraît très bénéfique. Bien sûr, un débutant ne doit pas soulever 180 kilos à sa première tentative ou se mettre à marcher sur les mains. Il faut progresser step by step.  Pour le reste, tout est une question de bon sens. Les meilleurs CrossFiteurs au monde, comme Rich Froning ou Jason Khalipa, disent eux-mêmes que pour progresser sans risques, il faut éviter de foncer. Quel que soit son niveau, je pense que les résultats paient toujours si l’on travaille intelligemment et que l’on cherche d’abord à se faire plaisir.

Propos recueillis par Charles Brumauld

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