Crédit photo : Kopeto Photography

Retrouvez ici les vidéos du Burn’X de Bboy Fénix

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Arnaud Deprez ou Bboy Fenix selon l’heure et l’endroit où je me trouve. Possédé par l’envie de performance et toujours prêt à relever de nouveaux challenges, je suis un compétiteur acharné.

Professeur de breakdance, j’enchaîne les battles à travers le monde et vais représenter la France lors de la finale du Redbull BC One à Madrid. Mais une passion ne se vit jamais seul : j’ai besoin de la transmettre, notamment via des cours que je donne chaque mercredi au LAX Studio, et à travers mon programme de Street Workout BURN’X, directement inspiré de mes mouvements de break. On y travaille l’agilité, le dynamisme, la force et la rapidité : puiser dans la danse la discipline nécessaire à tout sportif permet d’atteindre des résultats incroyables tout en conservant une motivation à toute épreuve.

 

Que représente la danse dans ta vie quotidienne ?

La question serait plutôt : quelle place y a-t-il pour autre chose que la danse dans ma vie ?

Le break se respire, au-delà d’un hobby – c’est une hygiène de vie. Tout est une question d’équilibre, et j’ai trouvé le mien à cheval entre les entraînements et les compétitions. Tout est organisé autour de la danse : j’ai toujours tout fait de façon à pouvoir continuer à danser, aussi bien durant mes études que lorsque j’ai co-fondé la marque Defend Paris.

Des castings aux tournages en passant par les shows, battles et campagnes, je vie ma passion comme une drogue. Pire qu’une drogue, en fait. Si j’arrête de pratiquer, je me sens en manque et perds toute motivation. Elle est ma force dans la vie, celle qui me pousse à me lever chaque matin.

 

On entend souvent que le break est un sport. Qu’en penses-tu ?

Le break est un art que je ne considère pas comme un sport. Il possède un véritable aspect créatif et libère des codes : la danse est un lifestyle aussi bien porteur de culture que porté par la culture et surtout par la musique.

Le sport peut se faire aussi bien avec que sans musique, ce n’est pas le cas du break. Le rythme construit la danse, je trouve que sans musique elle perd de son sens.

Si le break et le sport reposent tous deux sur la force mentale et la force physique, le break lui ne peut se contenter de ça. On doit y ajouter la créativité, l’originalité et la personnalité. Le flow peut se travailler mais il ne s’invente pas.

 

Pourtant, l’entraînement que tu suis pour préparer le Redbull BC One est digne d’un grand sportif. Pourquoi ?

Contrairement aux cercles des battles habituels, où tu peux toujours rebondir sur le public en cas de chute, la scène du Redbull BC One est énorme. C’est un grand duel sur une grande scène, et t’es obligé d’arriver avec des atouts techniques. Tu dois être capable d’enchainer les power moves, c’est-à-dire des mouvements visuellement impressionnants tels que des vrilles ou encore des thomas ou des coupoles. Ils sont visuellement puissants, mais sont physiquement durs à réaliser et demandent de l’espace.

Au-delà de ça, tous les meilleurs d’Europe seront présents, et nous n’avons pas le temps de rigoler. Il va falloir envoyer du très lourd dès le premier tour, et il y a 3 passages à chaque fois, sauf la finale où il y en a 5, ce qui est simplement énorme. Faire 3 passages puissants est incroyablement dur, cela devient stratégique. Il n’y a pas de temps imparti, dès que tu as fini ton tour, l’autre enchaîne.

Si tu fais un passage trop long, les gens vont être lassés, et tu auras beaucoup moins d’énergie pour les passages suivants. A contrario, si tu fais un passage très court mais puissant, ton adversaire sera non seulement étonné, mais il n’aura en plus pas eu le temps de récupérer. C’est très dur, mais il faut pouvoir tout envoyer même si tu es techniquement mort, et pour cela je travaille énormément mon cardio et mon explosivité.

Pour moi, il faut avoir une hygiène de vie et une énergie très proches de celles d’un sportif de très haut niveau. J’essaye de faire très attention à ce que je mange, je regarde des vidéos de sportifs pour m’inspirer d’eux… Mais je répète, c’est une danse et non un sport !

 

Comment te prépares-tu, physiquement et mentalement ?

Le mental est aussi important que le physique ! Dans mes entrainements pour les battles, je fais de la prévisualisation positive. La veille, j’imagine chaque seconde du battle comme j’aimerais qu’il se déroule, quel mouvement, pourquoi, a quel moment, quelle attitude, quel placement musicale …

Si tout se passe dans la tête, la préparation physique a aussi son importance – considérons qu’elle découle de la motivation et de la discipline régies par le mental.

Mon entrainement est précis et très efficace : je vous ai préparé une petite compilation de certains exercices que je fais tout le temps, pour travailler mes appuis ou mon cardio par exemple. Les exercices sont regroupés en 3 niveaux crescendo.

Surtout, pensez aux étirements qui sont très importants et à ne surtout pas négliger.

 

©Raphael Brami

 

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