Faites votre bilan de santé « perso »

L’importance de la visite annuelle 
chez le généraliste est parfois exagérée : il est temps d’être votre propre médecin.

VOUS SOUVENEZ DE L’ÉPOQUE OÙ C’ÉTAIT LE TOUBIB
 QUI SE DÉPLAÇAIT ? Non, ça ne vous dit rien ? Bon, mais vous n’avez pas oublié la lampe frontale qu’il portait pour ausculter ? Ça ne vous dit toujours rien ? Vous vous rappelez quand même qu’on vous bassinait pour que vous passiez un examen médical qui comportait une palpation testiculaire ? Ah, ça vous revient ! Sachez donc que cette pratique perdure… Le bilan de santé annuel pourrait bien être en voie de disparition. On a tous entendu l’histoire du gars ayant passé un check-up qui lui
a sauvé la vie. En réalité, les tests de dépistage ou les examens qu’on nous impose sont en partie inutiles. Prenez donc votre santé en main et faites le point avec ces cinq contrôles essentiels.

1. Calculer votre ABSI (sus à la bedaine) !

Le chiffre indiqué par le pèse- personne sur lequel le docteur vous fait grimper n’en dit pas
long sur votre état de santé. Par contre, votre ABSI (indice de forme corporelle) est bien plus révélateur. Une étude effectuée en 2014 a fait apparaître que chez les individus affichantl’ABSIleplusélevé,le risque de mortalité (toutes causes confondues) au cours des vingt- quatre années qui suivent l’examen est accru de 61 %, même si leur IMC (indice de masse corporelle) est normal. À la différence de l’IMC, l’ABSI tient compte du tour de taille, un paramètre fondamental. L’étude conclut que « les tissus adipeux de l’abdomen constituent une source majeure d’inflammation. »

À VOS MARQUES – Pour connaître votre ABSI, indiquez votre poids, taille, tour de taille, âge dans les cases correspondantes sur le site d’automesure absi.nl.eu.org. Si le résultat obtenu est 1, votre risque
de décès prématuré est moyen.

CORRIGEZ LE TIR – Si votre ABSI est supérieur à 1, commencez par perdre du ventre en pratiquant l’interval-training à haute intensité (HIIT). Une étude menée au Canada en 2012 a démontré que
des pratiquants ayant effectué deux ou trois séances hebdomadaires de HIIT et de musculation pendant neuf moins avaient affiné leur taille de plus de 5 centimètres.
Ce protocole pourrait intensifier la libération des catécholamines, hormones qui brûlent les graisses même après l’entraînement.

2. Prenez votre tension aux deux bras.

Un bilan de santé ne doit pas être fait à moitié et c’est pourtant ce qui se passe quand certains médecins mesurent votre pression artérielle. En effet, le contrôle doit être effectué aux deux bras, comme
le soulignent des recherches publiées dans la revue AmericanJournalof Medicine. Les scientifiques ont constaté
que lorsque la pression systolique affiche un écart de 10 points ou plus entre les deux bras, le risque de crise cardiaque ou d’AVC grimpe de 38 % ! Une différence importante entre le bras droit et le gauche pourrait être un indicateur de maladie artérielle périphérique, affection résultant d’une obstruction des artères
par des plaques d’athérome.

ÀVOSMARQUES – Avantderetrousser vos manches, assurez-vous que
le brassard du tensiomètre peut recouvrir au moins un tiers du bras, sinon la mesure sera faussée.
Elle devra être prise aux deux bras en gardant les pieds bien à plat
au sol.

CORRIGEZ LE TIR – Diminuez votre tension à l’aide des probiotiques, ces bonnes bactéries lactiques présentes dans le yaourt.
Une méta-analyse réalisée en Australie a permis de constater
que la consommation régulière
de yaourts abaisse la pression systolique et la pression diastolique de 0,36 et 0,24 point respectivement. Si votre tension est de 14/9 ou plus, consultez
votre médecin.

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3. Déshabillez-vous entièrement pour protéger votre peau.

Un généraliste vous demandera peut-être de vous mettre en slip, mais rarement d’aller jusqu’au
« nu intégral », ce qui est une erreur de sa part car rien ne vaut un examen complet du corps pour détecter un éventuel cancer cutané. Pourtant, 57 % des hommes déclarent qu’ils n’envisageraientprobablementpas un examen visuel de l’ensemble
de la peau par un dermatologue. Donc, pas d’hésitation : tirez les rideaux et ôtez tous vos vêtements. Les recherches indiquent que la probabilité de détection de mélanomes est deux fois plus élevée chez les personnes qui pratiquent régulièrement un autoexamen 
de leur peau.

ÀVOSMARQUES – Une fois par mois, vérifiez chaque centimètre carré
de votre corps, conseillent les dermatologues. Soyez attentif aux éventuels signaux d’alarme, à savoir des taches qui ne ressemblent pas
à des grains de beauté ou dont la forme ou la couleur s’est modifiée (voir www.e-cancer.fr/depistage/ cancers-de-la-peau).


CORRIGEZ LE TIR – Appliquez un écran solaire avec un indice de protection de 30 ou plus (oui, messieurs, nous vous le rabâcherons jusqu’à ce que vous vous exécutiez !). Par ailleurs, gardez la trace de vos examens de peau sur votre smartphone. L’appli UMSkinCheck (gratuit sur iTunes) permet de stocker vos photos et vous rappelle quand il faut pratiquer un nouvel examen. Si vous repérez quelque chose de suspect, filez sans tarder chez un dermatologue.

4. Un peu de repos pour votre palpitant

Sans stéthoscope, un des accessoires mythiques associé à la fonction médicale,
un généraliste pourrait difficilement procéder à une auscultation cardiaque. Pourtant, ce n’est pas toujours la meilleure méthode pour juger de l’état de santé
du cœur car, pour cela, il faut mesurer la fréquence cardiaque (FC) au repos. Or, être assis sur le bord de la table d’examen avec
un stéthoscope froid appuyé sur la poitrine ne correspond pas vraiment à une situation de repos. Le pouls doit être contrôlé au
réveil : pas commode pour un médecin – sauf si vous partagez le même lit…

À VOS MARQUES – En position allongée, placez un doigt (pas le pouce) contre la face interne du poignet ou au niveau du cou et comptez le nombre de battements pendant 15 secondes. Multipliez ensuite ce chiffre par quatre pour obtenir le nombre de pulsations par minute.

RECTIFIEZ LE TIR – La valeur du pouls normal au repos se situe entre 60 et 100 bpm. Si le vôtre est inférieur à 60, cela indique que votre cœur est probablement celui d’un sportif. Par contre, s’il dépasse les 100 bpm, ne serait-ce que d’un point, vous pourriez être exposé à un risque de fibrillation atriale
ou autre dysfonctionnement de l’activité électrique du cœur. Si vous avez plus de
50 ans ou que vous présentez des facteurs de risque cardiaque, demandez à votre médecin de vous établir un programme d’activités physiques adaptées. Consommez également des aliments riches en omégas 3 ou prenez ces acides gras sous forme de compléments.

Capture d’écran 2015-07-02 à 11.04.285. Coup de gueule contre le cancer de la bouche.

Ayant tiré la langue et dit « ahhh » plus d’une fois, vous pensez que certains docteurs
ont dû profiter de l’occasion pour s’assurer que votre cavité buccale ne présentait pas de lésion cancéreuse. C’est une fausse supposition car la plupart des praticiens ne pratiquent cet examen que pour déceler les signes d’amygdalite ou d’angine streptococcique, mais pas de cancer.
La raison est qu’en la matière, ils s’estiment moins compétents que les dentistes : c’est ce qui ressort d’une étude parue dans le Journal of the American Dental Association.

À VOS MARQUES – Tous les mois, ouvrez
grand la bouche devant un miroir
et examinez-la pour voir s’il n’y a pas
de gonflement suspect, de plaques rougeâtres ou blanchâtres persistantes,
de tuméfaction ou de saignement.
Vérifiez ensuite s’il n’y a pas d’enflure
des ganglions lymphatiques du cou.

RECTIFIEZ LE TIR – Rien à signaler dans votre cavité buccale ? Tant mieux. Commencez
à faire le plein de crucifères. Selon une étude parue dans Annals of Oncology,
le risque de cancer de la bouche est réduit de 17 % chez les personnes qui consomment au moins une portion de brocoli, de choux de Bruxelles, de chou ou de chou-fleur par mois. Si l’examen visuel ou la palpation de la bouche révèle quelque chose d’inhabituel qui persiste pendant deux semaines d’affilée, il convient de consulter un dentiste. Le cancer de la bouche peut être bien traité s’il est détecté suffisamment tôt.