Cette maladie de peau vous pourrit la vie depuis trop longtemps. Aujourd’hui, c’est le début de la fin de la guerre des boutons.

Au début de l’adolescence, vous étiez beau gosse : une carrière de tombeur vous tendait les bras. Jusqu’à ce que les boutons s’en mêlent. Ils ont d’abord pointé leur nez sur le visage, puis ont envahi les joues, le cou, les avant-bras et le dos. Depuis, vous attendez que ça passe. Et aujourd’hui ça fait déjà quinze ans. Peut-être serait-il temps d’agir…

1 FAITES LE DIAGNOSTIC
Non, les boutons à 35 ans, ce n’est pas « normal ». Vous en avez sûrement bien moins qu’à 18 ans, et ça s’appelle désormais de l’acné tardive. D’après les dernières enquêtes, 41 % des femmes de plus de 25 ans seraient concernées, et les spécialistes estiment qu’entre 30 % et 40 % de la population masculine est touchée. « C’est relativement courant chez les hommes, confirme le Dr Marie-Estelle Roux, dermatologue. Mais les chiffres sont difficiles à établir, car les hommes banalisent le problème et consultent rarement pour ce motif. »
L’acné apparaît au niveau de l’orifice du poil. C’est là que se situent les glandes sébacées qui produisent le sébum censé protéger la peau.
Trois processus s’enchaînent pour provoquer cette maladie de la peau. Premier problème : un trouble de la kératinisation. Un grand nombre de cellules mortes créent des bouchons qui obstruent les canaux conduisant le sébum vers la surface. Manque de chance, le sébum est également produit en excès et il reste bêtement bloqué à l’intérieur. Une véritable aubaine pour les bactéries qui traînent dans les parages, les Propionibacterium acnes. Elles s’installent, prolifèrent et provoquent une inflammation. Des petits boutons inoffensifs se forment sous la peau, puis surgissent les points noirs, les boutons à tête blanche, les gros boutons rouges, etc.

2 N’AGGRAVEZ PAS VOTRE CAS !
Le stress et la pollution joueraient un rôle non négligeable, mais la principale cause de la maladie se situe ailleurs. « L’acné a largement une origine familiale, explique le Dr Roux. Ce sont les gènes qui seraient responsables du dysfonctionnement de la peau et de l’hyperséborrhée. » À cause de cette malédiction génétique, les glandes qui sécrètent le sébum sur votre peau souffrent d’une hypersensibilité. Quand votre corps leur demande un peu de lubrifiant, elles en fabriquent beaucoup trop.
D’autres facteurs peuvent aggraver la situation, comme le fait de fumer. Le tabac favorise l’épaississement de la couche superficielle de la peau, et les traitements seraient moins efficaces chez les fumeurs. Votre alimentation a également un certain impact. « On a beaucoup écrit sur ce sujet, note la dermatologue Nadine Pomarède. Il semble que les sucres rapides et les graisses saturées pourraient avoir une incidence sur les poussées acnéiques de certaines personnes. Les gros buveurs de lait pourraient également être touchés. » Plus étrange : « La consommation d’anabolisants ou de cocktails de vitamines, contenant notamment beaucoup de vitamine B, envenime l’acné », complète le Dr Roux. Certains médicaments auraient aussi ce pouvoir, comme les corticoïdes ou les antiépileptiques.

3 TRAITEZ D’ABORD EN SURFACE
« Les traitements locaux peuvent suffire si l’acné est limitée à quelques lésions et s’il y a peu de poussées », affirme le Dr Pomarède. Le dermatologue vous proposera une ordonnance adaptée à votre type d’acné. En règle générale, il s’agit d’antibiotiques locaux, de peroxyde de benzoyle, d’acide azélaïque, de rétinoïdes, ou d’une combinaison de plusieurs principes actifs. Vous ne devez pas oublier la crème hydratante, car les rétinoïdes sont irritants pour la peau. Quant au peroxyde de benzoyle, il a une fâcheuse tendance à décolorer les vêtements !
Les résultats peuvent mettre du temps à se manifester, parfois un ou plusieurs mois. Pour accélérer le processus, vous pouvez effectuer d’autres soins en complément. « Le peeling superficiel, en plusieurs séances, est intéressant, propose Nadine Pomarède. Il resserre les pores et exfolie les points noirs. » Autre possibilité : les traitements par led, dont la lumière bleue agit sur les bactéries.
En parallèle, vous pouvez prendre des compléments alimentaires contenant du zinc. Évitez en revanche les gommages maison, qui n’améliorent pas la peau mais l’agressent, et nettoyez la zone avec un savon dermatologique, ou un gel antiacné.

4 ATTAQUEZ EN PROFONDEUR
Il arrive que les traitements locaux se révèlent inefficaces ou inadaptés. C’est le cas si votre acné est particulièrement tenace ou très importante dans le dos. Il faut alors envisager un traitement oral. « Chez les hommes, les antibiotiques sont généralement le premier recours, explique Marie-Estelle Roux. Souvent, lorsqu’on réussit à éliminer la bactérie, les autres paramètres ne suffisent plus à créer de l’acné. » Le traitement se prend souvent pendant trois mois, avec l’interdiction de s’exposer au soleil. Par la suite, la gestion des récidives est simple : il suffit de refaire une cure d’antibiotiques d’une quinzaine de jours.
L’isotrétinoïne est prescrite lorsque l’acné, coriace, fait de la résistance. Elle réduit la production de sébum, normalise le fonctionnement de la peau, joue un rôle anti-inflammatoire et diminue la prolifération des bactéries. Une prise de sang est pratiquée en début de traitement, puis tous les trois mois, car l’isotrétinoïne peut agir sur le cholestérol ou les enzymes hépatiques. La liste des effets secondaires est un peu effrayante, mais les complications sérieuses sont rarissimes. Les effets indésirables fréquents sont un assèchement de la peau et des muqueuses et une sensibilité au soleil. Il faut compter entre huit et douze mois de traitement.

5 EFFACEZ LES DERNIÈRES TRACES
La première et la meilleure façon d’éviter les marques à long terme est d’entamer rapidement un traitement et de ne pas gratter les boutons. Mais si vous avez beaucoup d’acné depuis longtemps, vous passerez difficilement à côté des cicatrices. « On ne peut pas les faire disparaître à 100 %, rappelle le Dr Roux, mais il est possible de les atténuer sérieusement. »
Le peeling moyen à l’acide trichloracétique est valable, à condition que les cicatrices ne soient pas trop profondes.
Le traitement est réalisé sous anesthésie locale, pour éviter les sensations douloureuses de brûlure. Il entraîne alors une desquamation de la peau qui laisse apparaître un épiderme (presque) neuf. Plusieurs séances, de 300 à 400 euros, sont nécessaires, et il faut vous attendre à une tête (ou un dos) d’écorché vif pendant quelques jours. Certaines cicatrices en creux peuvent aussi être « remontées » chirurgicalement. La peau est ensuite lissée par un peeling ou une autre méthode.
Le laser, notamment fractionné, reste la méthode la plus efficace.
Il permet une abrasion superficielle de la peau qui diminue l’épaisseur des cicatrices, même profondes. Plusieurs séances sont nécessaires, et les résultats apparaissent trois à six mois après la dernière séance. L’ennui, c’est que cela coûte très cher : de 400 à 1200 euros la séance, en fonction du centre et du type de laser. Cette solution peut aussi s’avérer compliquée à mettre en œuvre sur une zone aussi étendue que le dos.

De l’acné sur la barbe ?
En fait, il s’agit souvent d’une « pseudo-folliculite » de la barbe due au rasage. Elle apparaît lorsque le poil a été rasé trop court, ou quand il s’incurve et repousse sous la peau. La zone peut ensuite s’infecter et ressembler à une poussée d’acné. Vous devrez sans doute consulter un dermatologue, car il y a peu de chance que la situation s’améliore, même par une action du Saint-Esprit. Le médecin vous conseillera de stopper le rasage pendant une à quatre semaines pour faire régresser l’inflammation. Puis des traitements locaux, semblables à ceux de l’acné, peuvent être prescrits.

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