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Revenue au goût du jour, au même titre que la moustache, la barbe nécessite un entretien régulier. Analyse des tendances avec Alain, le maître barbier parisien.

1 Comment se porte la barbe aujourd’hui?

Il existe un vrai phénomène de mode autour de la barbe, il y a un réel retour de la pilosité faciale. Regardons les magazines montrant des people, les campagnes publicitaires, les défilés de mode… On trouve des formes de barbes très différentes : des « gothys » (petite barbe rase qui englobe bouc et moustache), façon Johnny Hallyday, mises à la mode par les rappeurs américains, aux barbes plus foisonnantes des années 80, comme la « Paris-Dakar », façon baroudeur. Aujourd’hui, les hommes préfèrent des barbes plus courtes, plus nettes, plus architecturées, plus travaillées, façon Bartabas, avec le phénomène métrosexuel qui est dominant. Dans une société plus androgyne, la pilosité est un signe distinctif masculin et devient un accessoire, un vecteur de changement. Le poil permet de personnaliser son image. Les moustaches sont le phénomène de mode le plus récent, façon dandy. Elles demandent autant d’entretien que la barbe d’ailleurs. Et, paradoxalement, se raser de près est aussi à la mode !

2 À quoi sert un barbier à notre époque?

On a remplacé le rasage « contrainte » par le rasage « plaisir », c’est là qu’on intervient et c’est pour cela qu’on vient nous voir. Ce n’est pas du tout pareil de se raser au quotidien et d’aller chez le barbier. En comparaison, une femme se maquille tous les jours chez elle et, de temps en temps, elle va se faire faire une beauté dans un institut.

3 Devenir barbier, c’était un rêve de gosse?

Non, c’est une évolution. J’ai eu la chance d’avoir un patron qui m’a transmis le métier et, aujourd’hui, je continue en faisant moi-même de la formation. J’ai été le premier à remettre le mot « barbier » sur la devanture de ma boutique. Depuis, j’ai fait des émules. Comme tout maître, j’ai des disciples. Je forme une vingtaine de personnes par mois, venant de toute la France. Le diplôme de barbier avait disparu de l’enseignement professionnel, dans les écoles de coiffure. Comme je suis conseiller d’enseignement technologique, et que je travaille beaucoup avec l’éducation nationale, je suis ravi de voir qu’en 2012, il y aura comme épreuve au brevet : « l’entretien de la pilosité faciale ».

4 Les Femmes préfèrent-elles les barbus ou les rasés de près?

Pour parler de séduction, prenons l’exemple des moustaches. Saviez-vous qu’on les appelait aussi « les charmeuses » ? C’est très explicite. C’est bien un accessoire de séduction. Et, aujourd’hui, l’accessoire est essentiel. En conclusion, je citerai la phrase de Guy de Maupassant : « Un baiser sans moustache est comme un plat sans sel. »

Valo Binjacar

Maître Barbier Alain -salon musée- www.maitrebarbier.com