Exit le côté élitiste et pointu de la pratique, le ski de randonnée s’est diversifié, rajeuni, et connaît depuis quelques années un véritable essor. Conseils pratiques, techniques, choix du matériel… Men’s Health vous donne toutes les clés pour (bien) débuter.

« SKI DE RANDO », « SKI-ALPINISME », « SKI DE MONTAGNE »…
Voilà déjà plusieurs saisons que ces termes quelque peu obscurs reviennent sans cesse à vos oreilles. Et pour cause, il s’agit là de la dernière tendance en matière de poudreuse. Ou plus exactement d’un revival, car, sicle ski de rando a la cote, la discipline existe depuis des décennies. Le principe ?
Gravir la montagne façon ski de fond pour redescendre en mode ski alpin. Oubliez tire-fesses et autres remontées mécaniques, l’ascension se fait à l’aide de skis équipés de semelles antirecul, ou « peaux de phoque ». La fixation étant mobile à l’arrière, le talon est libéré et le mouvement s’apparente alors à celui du ski de fond. Une fois arrivé au sommet, il ne reste plus qu’à retirer les peaux de phoque et à enclencher l’arrière des chaussures dans les fixations pour descendre en ski alpin, le plus souvent en hors-piste. Selon les estimations des professionnels du secteur, on compterait aujourd’hui en France entre 150 000 et 200 000 adeptes (entre 1,5 et 2 millions dans le monde). « Il y a en effet un réel engouement depuis quelques années autour de la pratique, confirme Timothée Théaux, moniteur de ski à Val-Thorens. Outre l’effet de mode, cette démocratisation a été permise par les progrès réalisés sur le matériel. Les chaussures sont plus légères, les skis sont plus larges et plus faciles à manœuvrer, ils demandent moins
de technique, notamment en descente. Et ça évolue encore ! »

DES ITINÉRAIRES BALISÉS
Jusque-là surtout pratiqué au printemps par une poignée de montagnards aguerris (la neige étant plus facile à skier en seconde partie de saison), le ski de rando devient une discipline accessible et ludique. Dans cette logique d’ouverture, certaines stations alpines et pyrénéennes proposent des initiations encadrées par des guides. Les ascensions sont facilitées et les parcours jalonnés. Objectif : prouver que ce sport n’est pas réservé à une élite.
« Il y a une culture de la convivialité très importante dans le ski de rando, c’est quelque chose qui attire, explique Pierre-Jean Touchard, directeur de la filiale France de Salewa, à laquelle appartient Dynafit, leader mondial. Voilà pourquoi aujourd’hui se développent de nouvelles formes d’accès avec des itinéraires balisés. Et ce n’est que le début. »

« ÊTRE À L’AISE SUR DES SKIS »
Mais attention, une fois dépassée la phase d’initiation, le ski de rando n’en reste pas moins une activité physiquement et techniquement exigeante. Que ce soit pour son côté fitness ou au contraire pour l’aspect « free touring », c’est-à-dire loisir et découverte du paysage, la discipline suppose un certain niveau de ski puisqu’on évolue le plus souvent en dehors des secteurs protégés.
« Mieux vaut se sentir à l’aise sur des skis car, si les sorties peuvent commencer sur pistes, le but du ski de rando est évidemment d’évoluer en hors-piste, pour le côté sauvage », explique le moniteur. Pour débuter, l’équivalent d’un niveau de classe 3 sur piste semble être le minimum. Autrement dit, « savoir skier skis parallèles sur des pistes rouges », si l’on suit la définition de l’École du ski français. « D’autant que c’est aussi un certain effort physique, ajoute le spécialiste. Après, on peut toujours s’adapter à son état de forme en respectant certains critères de dénivelés, de vitesse, de terrain… »

QUELQUES CONSEILS AVANT DE SE LANCER
Interdiction formelle de partir seul à l’aventure pour découvrir les joies de la pratique. Consultez les professionnels et entourez-vous de personnes qualifiées (moniteurs, guides…). L’idéal : prendre part
aux sorties d’initiation organisées dans certaines stations. Ou commencez au bord des pistes, à leur fermeture.
Avant de descendre, il faut réussir à monter : privilégiez les ascensions plutôt courtes au début.
Optez pour un matériel adapté à votre pratique et à vos objectifs : une petite montée mais une grande descente, ou l’inverse avec une ascension un peu sportive et sèche et une descente pas trop longue.
Couvrez-vous et suivez la logique des«3couches»: un sous-vêtement thermique et près du corps, une polaire isolante et une veste de protection. Petite particularité du ski de rando : vous allez transpirer et avoir chaud lors de l’ascension, mais vous aurez tendance à avoir froid après. Si les conditions climatiques s’y prêtent, nous vous conseillons donc de réserver cette 3e couche (doudoune…) uniquement à la descente.
Ne cherchez pas la performance en partant trop vite, au risque de devoir faire demi-tour plus tôt que prévu. Partez sur un rythme assez faible pour vous sentir à l’aise et ne pas vous essouffler à cause de l’altitude. Prenez le temps d’observer le paysage (souvent à couper le souffle). Il s’agit aussi d’une activité de contemplation.