Notre relation à l’alcool est particulièrement compliquée. Il nous rend heureux et jovial aussi sûrement qu’il nous amène à commettre des actes irréfléchis. Boire, c’est à la fois l’euphorie des bulles de champagne et le désespoir au fond de la bouteille. Il faut pourtant trouver un équilibre en la matière et, pour cela, se laisser guider par sa tête : si on est capable de raisonner, on peut boire avec raison.

 Règle 1 : Soyez le maitre de votre boisson

Même si vous êtes le « big boss » de tout, vous n’aurez jamais le dernier mot avec l’alcool que vous avalerez. Choisissez donc judicieusement quelques boissons favorites : une marque particulière de bière (voire deux), un vin rouge et un vin blanc de qualité. Ce qui vous séduit, c’est leur goût ou peut- être même leur nom. Une chose est sûre : nous avons tous nos préférences, affirmez donc les vôtres.

Si vous organisez une soirée, ne vous cantonnez pas aux marques courantes. Tout cocktail original, surtout la recette dont vos amis n’ont jamais entendu parler (dites qu’elle vous a été confiée par un barman de Bornéo, avec une bonne histoire en prime), vous singularisera comme quelqu’un qui sait choisir et ne se laisse rien imposer. Sachez que les femmes aiment les hommes qui mènent la danse.

Montrez clairement ce qui vous plaît, mais jamais au point de paraître maniaque. Un vrai connaisseur ne se laisse pas désarçonner si les choses ne sont pas parfaites. On sait que vous êtes un fin palais parce que vous être membre de plusieurs clubs de dégustation.

 Règle 2 : Savoir être à l’écoute

vin4Ces dames ont raison quand elles nous prient d’être plus attentifs. Il semblerait que nous passons chaque jour à côté de mille petits moments d’allégresse qui sont, pour elles, source de calme et d’épanouissement.

Bien sûr, c’est précisément cette réticence masculine à prendre le temps de respirer le parfum des roses qui nous a incités à partir à la conquête de nouveaux territoires.

Cela dit, nous pourrions tout de même savourer davantage les choses sans pour autant renoncer à ce sens pratique qui nous distingue et dont nos femmes et nos enfants ont fini par devenir tributaires.

Heureusement, boire nous fournit l’occasion de cette prise de conscience. Pour apprécier l’arôme de chocolat et de prune dans un vin rouge ou le goût fumé d’un whisky irlandais, il faut laisser le nectar flâner en bouche au lieu de le boire d’un trait, procéder posément et aller jusqu’à la délectation. Néanmoins, déguster le breuvage n’est qu’une infime partie de la démarche.

Les couleurs invitent le regard : ambre, brun, rouge foncé et rose discret. Les parfums du blé, du maïs et de la vigne peuvent élargir nos narines et tenir nos sens en éveil. Les sons eux-mêmes – l’élégant cliquetis des glaçons dans un verre de whisky, le bruit prometteur du bouchon qui saute – nous incitent à affiner notre perception.

Avec un peu de chance, cette réceptivité se répercutera dans notre vie de tous les jours. Qui sait ? Si l’on peut détecter le goût du genièvre dans le gin, si l’on est charmé par les reflets violets d’un pinot noir, on apprendra peut-être à déceler autour de nous des détails pratiques qui pourraient nous servir d’atouts. On remarquera peut- être la microtendance du moment qui nous permettra de faire fortune ou (mieux encore) d’attirer le regard aguicheur d’une jolie femme.

Credit : menshealth.com
Credit : menshealth.com

Et, peut-être que si nous pouvons apprendre à entendre, véritablement entendre, le vent qui siffle dans les arbres, notre tension artérielle ne s’en portera que mieux. N’est-il pas surprenant qu’une simple bière, savourée au coucher du soleil, nous procure tant de bienfaits ? Oui, l’alcool est le secret de la sérénité et du succès.

Règle 3 : La bonne mesure au bon moment

Il y a mille et une raisons de boire, mais tout homme qui se sert un grand verre espère se sentir mieux après. L’alcool lubrifie les rouages de notre machine, il nous rend un peu plus calmes, plus amusants, plus charmants, plus à l’aise avec nous-mêmes. On n’en boit pas parce qu’on est poète. La plupart de ceux qui boivent le font justement parce qu’ils ne sont pas poètes.

Voici une métaphore utile : voyez tout ce que vous avez dans la tête (les projets, les souvenirs, les peurs, les passions, même ces inventions sur lesquelles vous travaillez et qui, assurément, vous rendront riche) comme les parties d’un moteur.

Et voyez la boisson comme l’huile dont quelques gouttes suffisent à assurer le bon fonctionnement de ce moteur. Huilez trop et ce sera au détriment de la traction : certes les vitesses ne grinceront pas, mais elles n’auront plus aucun mordant.

Règle 4 : Voyez les autres à travers le prisme de votre verre

Quand trois hommes (ou plus) se retrouvent, le partage d’un verre se profile à l’horizon. On le lève pour célébrer pratiquement tout : les départs en vacances, les retours de vacances, l’élection d’un candidat, l’évincement du même candidat… L’alcool nous aide à mieux apprécier la compagnie d’autrui. Comme l’écrit un humoriste : « Nous buvons pour que nos amis nous paraissent plus intéressants. »

Quand nous débouchons une bouteille et que nous commençons à en verser le contenu, nous baissons notre garde, nous abandonnons toute défiance au point de ralentir nos réflexes et de bannir toute agressivité.

Ce verre partagé est une conspiration, une main que l’on tend dans l’espoir de trouver un terrain d’entente, qu’il s’agisse de fonder une coentreprise révolutionnaire ou de demander l’interdiction des caddies qui suivent les joueurs sur les terrains de golf et ce, dès demain (après tout, les sportifs ne débarquent pas sur les pistes des stades accompagnés d’un majordome !). L’alcool ouvre le cœur. Certes, il a aussi des effets néfastes.

Mais, pour l’instant, repensons à ces soirées entre copains où, grâce au chianti, on s’est si bien amusés et on a raconté les mêmes blagues (ou du moins, essayé) entre deux fous rires. L’alcool nous aide à apprécier la compagnie d’autrui et l’intrigante beauté de ce monde qui nous entoure.vin3

 Règle 5 : Un plaisir qui se partage

Vous venez d’obtenir une promotion et vous avez demandé à une collègue de travail, promue elle aussi, de vous retrouver dans le parc pour discuter de cela à la pause repas. Surprise ! C’est elle qui arrive avec un Moët & Chandon, rien de moins. Elle s’assoit près de vous sur le banc, manifestement désireuse de fêter l’événement avec vous.

Elle retire le bouchon avec panache, boit une gorgée et vous passe la bouteille. Ainsi commence ce badinage avec ses « super sympa ! », ses « peut-être que ? » et autres pensées secrètes. Sur ce mode raffiné, l’alcool vous donne cet entrain qui ne demande qu’à se transformer en attachement sentimental.

Improbable comme   situation ? Peu importe. Ce scénario reste tout aussi agréable si vous vous contentez d’échanger des souvenirs avec une bonne copine, de parler de tout et de rien avec elle tout en partageant un verre (ou deux, pas plus), assis sur les gradins du stade du quartier